La fatigue maternelle

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Qu’est-ce que le burnout ?

Le burnout, ou syndrome d’épuisement, est reconnu dans le monde professionnel. Il s’agit d’un état psychologique, émotionnel et physiologique résultant de l’accumulation de facteurs de stress modérés, chroniques et répétitifs. C’est une réponse à long terme de l’organisme soumis à des situations de stress quotidiennes.

Pourquoi avoir établi un parallèle avec les mères de famille ?

Mon expérience auprès des mères m’a fait prendre conscience des similitudes entre le burnout et leur réalité quotidienne. La maternité est une situation à risque identique à celle du monde du travail : haut niveau de responsabilité 24 h/24, partage des tâches peu équitable, absence de reconnaissance… Les enfants sont des sources de stress sans répit. Petit à petit, le capital énergie des mères est grignoté.

Quels sont les facteurs qui peuvent conduire au burnout professionnel ou maternel ?

– L’absence de formation : si la formation continue est insuffisante en milieu professionnel, elle est quasiment absente chez les mères.

– La surcharge de travail : dans le monde professionnel, les dossiers s’accumulent et le sous-effectif est la règle. Les mères multiplient les casquettes et savent que cela se poursuivra pendant de nombreuses années, sans la moindre possibilité de démissionner.

– L’absence de contrôle : tout comme un employé qui doit accepter les missions sans pouvoir influer sur ses conditions de travail. Une mère est régulièrement soumise à des situations incontrôlables (maladies des enfants, accidents, caprices).

– L’imprévisibilité : mails, réunions, téléphone… difficile aujourd’hui de se concentrer sur un dossier. Côté maternel, il est impossible de mener à bien une tâche sans être interrompue mille fois.

– L’absence de reconnaissance ou de récompense pour le travail accompli : on félicite rarement un employé pour son travail, et les efforts fournis par les mères sont dans l’ordre des choses. Ni les proches ni les enfants ne remercient jamais. La mère semble être une esclave à la disposition de tous.

– L’absence de soutien moral et social : rares sont les entreprises qui cultivent l’attention aux autres. Quant aux mères, si la société attend d’elles des performances exemplaires (faire des enfants des adultes responsables), elle ne leur donne que peu de moyens. A commencer par la non-reconnaissance du statut de femme au foyer.

Que faire pour ne pas craquer ?

S’il n’y a pas de solution miracle, il est néanmoins possible de modérer le stress généré par les enfants. Il faut parler à son conjoint, à ses proches, à d’autres mamans, peut-être à un professionnel. Il faut surtout s’occuper de soi et renoncer à être une mère parfaite.

Mostafa Massid
Docteur en psychologie clinique et pathologique

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