L’adultère

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L’adultère désigne un acte d’infidélité dans le couple commis par l’un des conjoints en nouant une relation sexuelle extraconjugale.

La fidélité dans le couple repose sur la foi l’un en l’autre, et qui est entretenue par l’amour, la confiance et la communication saine.

La fidélité ne peut être rompue subitement du jour au lendemain. L’infidélité est une réaction dont les causes sont plurielles et qui peuvent être d’ordre personnel ou relationnel.

Les deux sexes sont concernés car nous avons tous un désir inconscient de recherche de plaisir avec divers partenaires, plus exacerbé chez l’homme que la femme. La source de cette tendance réside dans un capital archaïque qui comporte un aspect polygame.

La polygamie désigne plusieurs mariages à la fois. Dans un système patriarcal elle est définie par la polygynie qui désigne l’homme qui se marie à plusieurs femmes, et dans un système matriarcal, par la polyandrie pour désigner la femme qui se marie à plusieurs hommes.

Ces deux systèmes existent encore de nos jours. La polygynie est la forme de polygamie qui dure et est autorisée par la religion dans notre société arabo-musulmane. La polyandrie est beaucoup moins répandue et se trouve limiter dans certaines tribus en Afrique et en Australie.

Pour cerner le phénomène au niveau de la société marocaine, ce capital archaïque agit toujours insidieusement et impacte inconsciemment la relation entre l’homme et la femme. Il faut admettre que si les femmes marocaines d’il y a quelques décennies acceptaient de plein gré et trouvaient qu’il était normal que l’homme puisse entretenir des relations extraconjugales, malgré son émancipation et son refus de cet acte, la femme marocaine d’aujourd’hui conserve les mêmes croyances en restant convaincues que l’homme est naturellement prédisposé à l’infidélité. La preuve beaucoup de femmes vivent encore cette situation qu’elles n’acceptent pas mais s’y résignent comme s’il s’agissait d’une fatalité. Ces croyances entretiennent cette attitude chez l’homme car il les intercepte sciemment ou inconsciemment comme une acceptation tacite.

Par ailleurs il faut savoir que la sexualité de l’homme est différente de celle de la femme. Celle de l’homme est essentiellement physique c’est ce qui explique sa facilité à trouver du plaisir avec une partenaire étrangère qui l’attire sensuellement. Par contre, chez la femme la sexualité est exclusivement affective et elle ne peut passer à l’acte que lorsque l’homme répond à cette quête émotionnelle. Celles qui ont une facilité à le faire sans cette notion, le font pour d’autres raisons.

Des croyances erronées restent ancrées et sont entretenues par l’absence de l’éducation sexuelle en général et une absence de communication dans le couple sur le plan sexuel, justifiée par une fausse pudeur.

On a constaté tout de même une légère baisse de la tendance à l’adultère qui peut être expliquée par la foi et donc le respect de la religion chez certains d’une part et le désintérêt chez d’autres moins sujets aux tentations, de l’autre.

L’infidélité dans sa composante psychologique peut être liée à un blocage à un stade précoce du développement psychosexuel (carence affective, sexualité exacerbée par une érotisation de l’enfant, relation incestueuse inconsciente etc.).

L’infidélité dans un couple uni, ne survient pas du jour au lendemain, il y a toujours des signes avant-coureurs qui ne sont souvent pas perçus. Elle est donc le résultat d’un conflit qui a duré un certain temps aggravé par une absence, un manque de communication ou une communication violente. Les couples qui consultent pour l’infidélité évoquent rarement les causes réelles de la problématique. Ce n’est qu’à travers un travail sur soi que ces causes sont identifiées permettant une prise de conscience de ses propres besoins et de ceux de l’autre, qui favorise le rapprochement.

Tous les couples peuvent être confrontés à cette situation et lorsqu’il arrive qu’elle survienne, chacun réagit en fonction de l’impact de l’acte sur son affect. Pour la plupart des cas l’infidélité est perçue comme une trahison qui renvoie à des blessures narcissiques anciennes génératrices de comportements irréfléchis (colère, agressivité, vengeance, chantage…) qui ne font qu’aggraver le problème pouvant aller jusqu’au divorce.

Il ne faut pas exclure le fait que l’adultère n’est pas systématiquement une preuve de désamour, il est souvent le résultat d’absence de maîtrise des pulsions dans des contextes favorisant les tentations.

Rien ne prouve qu’une personne, ayant commis l’adultère une première fois, soit prédisposée à la récidive. Ce sont des préjugés qu’il faut éviter, car l’acte peut avoir un caractère dissuasif qui élimine cette probabilité

Face à un adultère le comportement le plus sage est :

–   de se contrôler,

–   d’éviter d’ébruiter l’évènement,

–  de ne pas se laisser envahir par les réactions de compassion de l’entourage qui sont susceptibles d’induire des suggestions négatives et regrettables,

–   d’adopter le calme, le dialogue, la réflexion pour mieux comprendre le problème et tenter de mettre le doigt sur les causes réelles,

–   Ne pas se positionner en tant que victime, et admettre que l’on a probablement sa part de responsabilité dans le conflit,

–   Se faire aider par un professionnel de la relation d’aide familiale et du couple et

–   Savoir pardonner.

« Jamais les hommes ne deviennent plus tendres que lorsqu’on leur a pardonné une infidélité de passage. » de Ninon de Lenclos.

Mostafa Massid
Docteur en psychologie clinique et pathologique

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